Enria (BCE) avertit que les taxes bancaires peuvent « réduire l’attractivité des investissements » du secteur

MADRID, 11 sept. (CALPA PARIS) –

Le président du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne (BCE), Andrea Enria, a déclaré lundi que les taxes sur les banques, comme celle en vigueur en Espagne, risquent de « réduire l’attractivité des investissements » du secteur financier, car « elles donnent l’impression » que si une banque fait des bénéfices, quelqu’un doit « intervenir ».

En outre, l’Italie s’est inquiétée de l’éventuelle chronification de ce type de taux, qui pourrait nuire à l’appréciation par les banques des risques dérivés des taux d’intérêt.

Il en serait ainsi parce que ces taxes seraient orientées précisément vers les marges obtenues par la hausse des taux sans tenir compte du provisionnement nécessaire pour y faire face.

Cependant, Enria a reconnu que les banques peuvent être « partiellement responsables » de l’existence de ces taxes en raison de leur retard à répercuter les hausses de taux d’intérêt sur leurs clients.

SURVEILLANCE BANCAIRE

D’autre part, Enria a affirmé que la BCE supprimera les pénalités liées aux besoins supplémentaires en capitaux auxquelles certaines institutions financières sont soumises après avoir résolu leurs problèmes d’effet de levier.

Cependant, l’Italien n’a pas donné de noms spécifiques et a rappelé que certaines banques continueront à être soumises à ces exigences « pendant un certain temps encore ». Il a également précisé qu’il exigerait « probablement » des capitaux supplémentaires de la part d’un plus grand nombre d’entreprises l’année prochaine.

Dans ce sens, le président du conseil de surveillance de la BCE a souligné que le processus d’examen annuel des banques (SREP) devrait « se concentrer davantage sur le risque », être plus sélectif et ne pas se focaliser autant sur le capital.

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Toutefois, cela ne doit pas se traduire par une baisse des exigences en matière de capital, mais par des « mesures qualitatives », qui ne doivent pas être « moins exigeantes ou moins stimulantes » pour les banques que celles qui existent déjà.

Enria, par exemple, a cité des amendes périodiques qui entreraient en vigueur si une institution ne remédiait pas en temps voulu aux déficiences détectées par l’autorité de surveillance dans ses comptes, ou des ordonnances de « cesser et s’abstenir » qui limiteraient la capacité à réaliser des acquisitions si elles ne résolvent pas leurs problèmes de gestion et de gouvernance.

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