L’UCAN demande à Planas d’inclure les coopératives agroalimentaires dans les aides destinées à lutter contre la sécheresse

Lors de la réunion, M. Planas a souligné « l’engagement du gouvernement à promouvoir les coopératives et l’égalité dans le secteur agricole ».

PAMPLONA, 19 (CALPA PARIS)

La présidente de l’Union des coopératives agroalimentaires de Navarre (UCAN), Esther Burgui, a demandé ce vendredi au ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, Luis Planas, d’inclure les coopératives agroalimentaires dans l’aide à la sécheresse « en tant qu’organisations créées par les agriculteurs et les éleveurs et indispensables pour qu’ils puissent continuer à développer leur activité de production de manière structurée et compétitive ».

C’est ce qu’il a déclaré lors d’une réunion qui s’est tenue à Pampelune et à laquelle ont également participé la présidente de Navarre, María Chivite, le délégué du gouvernement de Navarre, José Luis Arasti, et la directrice générale de l’UCAN, Eva Aoiz. Lors de cette réunion, les principaux thèmes abordés ont été « la grave sécheresse, les changements dans la PAC et les obligations découlant du cahier d’agriculture numérique, l’intégration coopérative et la loi sur la chaîne alimentaire ».

Lors de la séance, María Chivite a souligné « l’importance du mouvement coopératif en Navarre, un mouvement qui a une longue histoire de développement et qui rassemble actuellement 18.000 membres, répartis dans 137 coopératives ». La présidente, selon l’exécutif, a également insisté sur « la nécessité de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans le secteur ». À cet effet, elle a indiqué que la nouvelle politique agricole commune (PAC) inclut pour la première fois une perspective de genre et établit un paiement supplémentaire de 15 % pour l’installation des jeunes agricultrices et des éleveuses.

De son côté, l’UCAN a indiqué dans un communiqué que les coopératives agroalimentaires « sont directement affectées » par la sécheresse dont souffrent les agriculteurs et les éleveurs qui en font partie car, « n’ayant pas de produits à commercialiser, elles ne peuvent pas faire face à l’augmentation des coûts fixes, ainsi qu’à l’approvisionnement en intrants, aux avances financières et aux autres services qu’elles fournissent à leurs partenaires et associés ».

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Cela, selon elle, « va avoir un fort impact sur les producteurs de denrées alimentaires et sur l’activité et la vie dans les zones rurales où, dans de nombreux cas, la coopérative est la principale industrie, voire la seule ». A cet égard, Esther Burgui a proposé au ministre quelques « idées spécifiques » qui « pourraient aider les coopératives à atténuer cette situation ».

Tout d’abord, elle a demandé « une aide pour les pertes de bénéfices générées par la sécheresse, en assouplissant les aspects liés à l’emploi ». Elle a également demandé une « flexibilité » dans les conditions des contrats de commercialisation signés avec l’industrie alimentaire et l’OPFH (Organisation des producteurs de fruits et légumes) depuis le début de l’année, « qui pour des raisons de force majeure comme la sécheresse, indépendantes de la volonté de la coopérative et de ses membres, ne pourront pas être exécutées ».

Une autre « grande préoccupation » que l’UCAN a pu transmettre au ministre concerne les changements apportés à la PAC et, plus précisément, « les difficultés d’application du CUE » (Cuaderno Digital de Explotación). Il s’agit d’un processus de numérisation qui, bien qu’il s’agisse d’un progrès important, a été proposé de manière extrêmement ambitieuse et son application dans les délais impartis s’avère très complexe pour les personnes travaillant dans le secteur agricole ».

Dans ce sens, l’UCAN a demandé au Ministère de l’Agriculture d’établir une période de transition. M. Burgui a également souligné « l’importance, à un moment de grande transformation du secteur, de faciliter l’intégration des coopératives situées dans des villes proches, en évitant ainsi une fragmentation excessive ».

Par ailleurs, la réunion a également permis de demander au ministre Planas une aide pour cette intégration coopérative, « un processus très complexe qui permettrait néanmoins aux coopératives de générer des économies d’échelle, d’être plus compétitives et d’offrir des services plus nombreux et de meilleure qualité ». Une façon d’y contribuer serait que « les ressources qui n’atteignent pas encore le secteur de façon adéquate, comme le PERTE Agroalimentario ou l’aide Next Generation, soient dirigées vers l’intégration des coopératives ».

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La loi sur la chaîne alimentaire a été modifiée à la fin de l’année 2021 « afin qu’elle soit un outil de protection pour les agriculteurs et les éleveurs, car ils sont le premier maillon du processus qui va de la production au consommateur final et sont ceux sur lesquels tous les ajustements économiques le long de la chaîne ont un impact ». Cependant, selon l’UCAN, cette loi « a créé un système tellement complexe qu’il complique l’activité des agriculteurs et des éleveurs et rend difficile le fonctionnement des coopératives dont ils sont membres ».

PLANAS RÉITÈRE SON ENGAGEMENT EN FAVEUR DE L’ÉGALITÉ DANS LE SECTEUR AGRICOLE

Pour sa part, M. Planas a souligné lors de la réunion « l’engagement du gouvernement en faveur de la promotion des coopératives et de l’égalité dans le secteur ». Le ministre a souligné que les coopératives « sont des entreprises liées au monde rural qui s’engagent en faveur d’une agriculture professionnelle et familiale, un modèle qui a le soutien du ministère ».

Comme il l’a déclaré, « grâce au travail du gouvernement espagnol, la nouvelle politique agricole commune (PAC) inclut, pour la première fois, la perspective de genre parmi ses objectifs ». En Espagne, le plan stratégique 2023-2027 « soutient le travail des agricultrices, qui verront une augmentation de 15 % du paiement supplémentaire pour les jeunes ».

Il a également souligné l’engagement en faveur du renouvellement des générations, qui fait l’objet d’une ligne spécifique dans la PAC. Ainsi, « les jeunes recevront plus de 220 millions d’euros par an, le montant le plus important consacré à cet objectif en 60 ans d’histoire de la PAC, et bénéficieront de programmes de promotion de la première installation ».

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M. Planas a souligné que la nouvelle PAC, « plus juste, plus sociale, plus égalitaire et avec une plus grande ambition environnementale », repose sur « trois piliers fondamentaux : le soutien aux jeunes et aux femmes, la promotion de l’innovation et de la numérisation, ainsi que l’investissement dans l’irrigation durable ».

Le ministre a souligné « l’engagement du gouvernement en faveur d’une irrigation durable et efficace, qui constitue l’un des principaux éléments de la revitalisation de l’environnement rural ». Jusqu’en 2027, l’investissement dans la modernisation et la transformation de l’irrigation en Espagne s’élèvera à 2,13 milliards d’euros.

Hier après-midi, le ministre a rencontré la Communauté d’irrigation de Viana, dont le projet de modernisation et de consolidation de l’irrigation est inclus dans le Plan de récupération, de transformation et de résilience. Avec un budget de plus de 13 millions d’euros, les actions seront menées sur plus d’un millier d’hectares et bénéficieront à 366 irrigants.

Ce projet « modernisera les réseaux de distribution et une centrale photovoltaïque et deux réservoirs seront construits ». En outre, des systèmes de contrôle à distance et de nouvelles technologies seront incorporés pour optimiser l’irrigation.

Lors de sa rencontre avec le président, M. Planas a également fait le point sur les aides reçues par les agriculteurs et les éleveurs de Navarre dans le cadre des différentes lignes prévues par le gouvernement pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Quelque 7 000 bénéficiaires ont reçu plus de 13,5 millions d’euros.

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