La Junte défend le secteur des fraises contre le rapport du Conseil de l’Europe et critique « les politiciens pour avoir créé le terreau ».

Le rapport du Conseil de l’Europe sur le secteur de la fraise

SEVILLE, 12 juin (CALPA PARIS) –

Le gouvernement andalou s’est prononcé ce lundi pour la défense du secteur de la fraise face aux conclusions d’un groupe de travail du Conseil de l’Europe sur les conditions de travail de la population immigrée travaillant dans ce secteur.

C’est pourquoi il a demandé que « ça suffit » après avoir soutenu que « c’est un secteur responsable, qui fait bien les choses » et a estimé que la situation est due au fait que « certains politiciens ont créé le terrain idéal pour une campagne systématique de dénigrement du secteur ».

Le ministre de la Durabilité, de l’Environnement et de l’Économie bleue et porte-parole du gouvernement andalou, Ramón Fernández-Pacheco, a réagi à cette déclaration du gouvernement régional d’Andalousie, faite lors de la conférence de presse du Conseil de direction.

Fernández-Pacheco, qui a tout d’abord rappelé que l’inspection du travail est une compétence de l’État, a également mentionné la contribution économique du secteur, qui, a-t-il rappelé, représente 98 % de la production nationale et 30 % de celle de l’Union européenne, tout en défendant que  » nous ne permettrons pas que le secteur de la fraise soit attaqué « , un point sur lequel il a évoqué la lettre que la présidente du gouvernement régional andalou, Juanma Moreno, a envoyée au Premier ministre, Pedro Sánchez, la semaine dernière, dans ce sens.

Ce lundi, le Groupe d’experts contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe (GRETA) du Conseil de l’Europe a dénoncé dans son dernier rapport sur la question les conditions de travail vécues par les migrants dans les champs de fraises de Huelva.

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Le document rend compte d’un voyage effectué par une délégation de ce groupe d’experts en Espagne, entre le 4 et le 8 juillet 2022, au cours duquel, entre autres destinations, ils ont choisi la province andalouse pour être, comme il l’a indiqué, « l’une des principales régions productrices » de ce fruit.

Dans leur récit, ils soulignent qu’au moment de leur visite dans ces camps, il y avait 25 campements « informels » où vivaient 914 migrants (dont 99 femmes), pour la plupart des travailleurs sans papiers du Maroc, du Mali et du Ghana, bien que, selon le GRETA, à leur arrivée, ils ont été informés que pendant la saison des récoltes, « il y a beaucoup plus de travailleurs » installés dans ces campements.

Le groupe d’experts du Conseil de l’Europe constate que ces personnes « vivent dans des cabanes faites de bâches plastiques utilisées pour couvrir les champs de fraises », qu' »il n’y a pas d’accès à l’eau potable, à l’électricité ou à l’assainissement » et que ce sont des ONG comme « Femmes en zones de conflit », la Croix-Rouge, Caritas ou l’ACCEM qui apportent l’aide humanitaire sur le terrain.

Il explique également qu’un centre de jour a été mis en place à proximité des camps pour fournir des biens et services de base aux migrants, mais que sa pérennité est en danger, comme l’ont expliqué les ONG au GRETA, en raison du « manque de financement public ».

PAS D’INSPECTION DU TRAVAIL

Les experts du GRETA ont exprimé leur inquiétude quant au fait que « les inspecteurs du travail n’ont pas de mandat pour se rendre dans les campements » et que seule la Guardia Civil s’y rend en cas d’incidents ou pour identifier les personnes vulnérables telles que les femmes enceintes ou les femmes avec enfants.

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« Toutefois, aucune victime de la traite n’a été identifiée parmi les personnes vivant dans les quartiers informels », indique le rapport.

Le GRETA avertit qu’il existe d’autres campements similaires dans d’autres parties du territoire espagnol et, en ce sens, les experts sont « profondément préoccupés par l’inaction des autorités face à cette situation humanitaire qui dure depuis plusieurs années et qui génère des risques accrus de traite des êtres humains ».

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