La Réserve fédérale inflige une amende de 242,3 millions d’euros à UBS pour les « malversations » du Crédit Suisse dans l’affaire Archegos

La Banque d’Angleterre impose également une pénalité de 100,8 millions d’euros.

MADRID, 24 juillet (CALPA PARIS) –

La Réserve fédérale américaine (Fed) a infligé une amende de 268,5 millions de dollars (242,3 millions d’euros) à UBS pour les « malversations » de Credit Suisse dans ses transactions avec le fonds d’actions Archegos en faillite, a annoncé la banque centrale lundi.

Dans l’ordonnance publiée, la Fed indique qu’UBS a accepté de prendre en charge le montant de la pénalité pour « pratiques dangereuses et imprudentes de gestion du risque de crédit par des tiers » par Credit Suisse, qui a été racheté par UBS en juin.

Dans leur décision, la Fed et le régulateur financier suisse ont imposé des mesures « correctives », tandis que ce dernier a clos l’enquête en cours.

Dans le même ordre d’idées, l’Autorité de régulation prudentielle (PRA) de la Banque d’Angleterre a infligé à UBS une amende de 87 millions de livres (100,8 millions d’euros), sa plus lourde sanction à ce jour.

La banque suisse a assuré qu’elle allait « mettre en œuvre sa discipline et sa culture opérationnelle et de gestion des risques dans l’ensemble de l’organisation combinée ». En outre, UBS a déclaré qu’elle avait l’intention de clore toutes les affaires réglementaires et contentieuses en cours du Credit Suisse « dans le meilleur intérêt » des « actionnaires, y compris les investisseurs, les clients et les employés ».

HÉRITIER UNIQUE

Lundi dernier, la Credit Derivatives Resolution Commission (CDDC) a décidé qu’UBS est le « seul successeur » à la propriété des contrats souscrits par le Credit Suisse.

Comme indiqué le 17 juillet, la Commission a justifié sa décision par le fait qu’UBS a elle-même assumé les obligations en cours du Crédit Suisse lorsque la fusion des deux institutions a pris fin le 12 juin. L’avis a recueilli onze votes favorables et une seule abstention, celle du Crédit Suisse.

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« Nous allons combiner les compétences, l’envergure et le leadership en matière de gestion de fortune d’UBS et du Credit Suisse pour créer un établissement financier intégré encore plus fort (…) Nous savons que nous aurons des défis à relever, mais nous savons aussi que de grandes opportunités nous attendent », ont déclaré Colm Kelleher, président du conseil d’administration d’UBS, et Sergio Ermotti, directeur général, dans une lettre ouverte à la presse annonçant la clôture juridique de la fusion.

Le renflouement du Crédit Suisse a été décidé par les autorités suisses à la suite de l’instabilité financière déclenchée par la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) en mars.

En vertu de l’accord, les actionnaires du Crédit Suisse ont reçu une action UBS pour 22,48 actions détenues. L’accord de sauvetage conclu le 19 mars a porté le montant de la transaction à plus de 3 milliards de francs suisses (3,12 milliards d’euros).

Auparavant, le gouvernement suisse et UBS avaient signé un accord en vertu duquel les caisses publiques couvriraient jusqu’à 9 milliards de francs suisses (9,361 milliards d’euros) de pertes potentielles sur un portefeuille d’actifs du Credit Suisse une fois l’acquisition réalisée.

Plus précisément, la garantie publique ne prendra effet « que si les pertes résultant de la réalisation de ces actifs dépassent 5 milliards de francs suisses (5,201 milliards d’euros) » et sera limitée à un maximum de 9 milliards de francs suisses.

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