Les importations de gaz naturel de la Russie vers l’Espagne atteignent des niveaux record en mai

MADRID, 11 juin (CALPA PARIS) –

Les importations de gaz naturel de la Russie vers l’Espagne ont atteint des niveaux record en mai dernier, atteignant 9 663 gigawattheures (GWh), ce qui en fait le deuxième fournisseur du mois, tout près de l’Algérie.

Plus précisément, le gaz naturel en provenance de Russie, entièrement transporté par méthanier sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), a presque triplé en mai par rapport au même mois de l’année dernière, où il s’élevait à 3 289 GWh, selon les données du dernier bulletin d’Enagás.

Le mois de mai confirme ainsi la tendance à la hausse des achats de gaz naturel à la Russie ces derniers mois, bien qu’ils aient atteint des niveaux maximums depuis que la guerre a éclaté en Ukraine à la fin du mois de février 2022.

Avec ces importations de 9 663 GWh en mai, le gaz naturel d’origine russe a couvert 27,8 % de la demande totale du mois en Espagne, juste derrière l’Algérie qui, avec 9 824 GWh – 7 853 GWh par gazoduc et 1 971 GWh sous forme de GNL – a été une fois de plus le principal fournisseur, avec 28,3 % du total.

Il est vrai qu’en mai, la tendance à la hausse des importations de gaz naturel en provenance de Russie a été observée dans toute l’Europe. Cela s’explique par le fait que le gaz naturel russe n’est pas inclus dans les vetos adoptés par l’UE à l’encontre du pays.

Dans le cas spécifique de l’Espagne, la majeure partie du gaz naturel en provenance de Russie provient de contrats à long terme avec Yamal LNG, un consortium dirigé par l’entreprise privée russe Novatek, dont les actionnaires comprennent des capitaux européens et d’autres pays.

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Or, depuis des mois, la troisième vice-présidente et ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, appelle les entreprises énergétiques espagnoles à diversifier leurs sources d’approvisionnement en GNL et à se passer du GNL russe.

Ribera est allée jusqu’à faire cette suggestion dans une lettre envoyée aux entreprises énergétiques et aux principales sociétés espagnoles de commercialisation de gaz naturel.

EFFONDREMENT DU GAZ EN PROVENANCE DES ÉTATS-UNIS

L’effondrement du gaz naturel en provenance des États-Unis – pays qui a réalisé l’année dernière un « sorpasso » historique en devenant le principal fournisseur de l’Espagne au milieu de la crise provoquée par l’invasion de l’Ukraine, devant l’Algérie – a également été remarquable au cours du mois. Ce gaz est tombé à 1 964 GWh, soit près de 85 % de moins que les 13 083 GWh du mois de mai de l’année dernière.

Dans ce cas, une grande partie du gaz naturel en provenance des États-Unis a été acheminée vers l’Argentine, qui a augmenté ses approvisionnements en provenance de ce pays en mai, stimulée par l’hiver austral.

Depuis le début de l’année, l’Algérie a également été confirmée comme le principal fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, avec 44 015 GWh, devant les États-Unis, avec 36 055 GWh. Ces deux pays représentent 45 % des importations totales, soit 25 % et 20,4 % respectivement.

Derrière eux se trouvent la Russie, avec 33 472 GWh – 19,0 % du total – et le Nigeria, avec 27 297 GWh – 15,5 % – au cours des cinq premiers mois de l’année.

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LE STOCKAGE, À DES NIVEAUX RECORDS.

En ce qui concerne les installations souterraines de stockage de gaz en Espagne, elles ont atteint des niveaux record en mai, avec un taux de remplissage de 94 %, alors qu’au même mois en 2022, elles étaient remplies à 66 %.

De même, le mois de mai a été marqué par un record journalier en matière d’exportations de gaz naturel par gazoduc vers la France via les Pyrénées VIP, avec un flux de 261,5 GWh/jour, soit 98,7 % de la capacité maximale d’exportation le 13 mai.

LA DEMANDE BAISSE DE 4,6 %.

La demande nationale de gaz naturel a diminué de 4,6 % en mai par rapport à la même période de l’année précédente, avec 24 536 GWh. La baisse de la demande conventionnelle (-3,4 %) et celle du secteur électrique (-7,6 %) se sont distinguées.

Au cours des cinq premiers mois de l’année, la consommation de gaz naturel a accumulé une baisse de 14,3 % par rapport à la même période en 2022, avec 140 146 GWh.

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