La Banque d’Espagne met en garde contre les effets négatifs de la hausse des taux d’intérêt sur l’investissement

Elle estime qu’une augmentation des taux de 175 points de base produit une réaction négative de l’investissement de 0,26 point de pourcentage.

MADRID, 28 juin (CALPA PARIS) –

La Banque d’Espagne avertit dans un article de son Bulletin économique que les hausses de taux d’intérêt et la détérioration de la confiance produite en 2022 auront un effet négatif sur l’investissement tout au long de cette année, qui sera partiellement compensé par le dynamisme de la demande enregistré l’année dernière.

Dans cet article, l’institution analyse comment les taux d’intérêt, la confiance et la demande influencent l’investissement et conclut que, en l’absence de nouveaux chocs, l’essentiel de l’impact des taux d’intérêt sur l’investissement se produit avec un décalage de plusieurs trimestres, tandis que la confiance et la demande opèrent avec des décalages de plus courte durée.

Compte tenu des décalages de ces trois facteurs sur l’investissement, l’agence souligne que les hausses de taux d’intérêt en 2022 « pourraient exercer une pression à la baisse significative sur l’investissement, d’une ampleur croissante au cours de l’année », à laquelle il faut ajouter les effets des hausses introduites en 2023.

« Les hausses de taux de 2022 ont eu peu ou pas d’effet sur l’investissement en 2022, et l’essentiel de l’impact a été reporté sur 2023, de plus en plus au fil de l’année », note l’institution.

De même, la Banque d’Espagne prévient que les effets sur la croissance de l’investissement de la détérioration de la confiance observée tout au long de l’année 2022 se poursuivraient en 2023 en raison du décalage avec lequel cette variable opère.

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« Ainsi, si l’on ne considère que l’inertie des chocs passés, et en l’absence de nouveaux chocs, la détérioration de la confiance au cours de l’année 2022 aurait tendance à miner la croissance de l’investissement en 2023 », explique-t-il.

En revanche, la performance de la demande en 2022, ajoute l’agence, devrait contribuer positivement à la croissance de l’investissement en 2023, car ces effets se produisent de manière décalée, avec un impact maximal après deux trimestres.

En tout état de cause, à cette contribution de l’évolution de ces facteurs en 2022, il convient d’ajouter les conséquences de nouveaux chocs susceptibles de se produire en 2023.

UNE HAUSSE DES TAUX DE 175 POINTS DE BASE RÉDUIT L’INVESTISSEMENT DE 0,26 POINT DE BASE.

La demande, la confiance et les taux d’intérêt ont soutenu la croissance de l’investissement en 2022, en raison d’effets d’inertie positifs à partir de 2021, selon la Banque d’Espagne. Cependant, l’investissement a enregistré une perte progressive de dynamisme au second semestre 2022 en raison de la baisse de confiance des agents et de la dégradation des perspectives de croissance pour l’Espagne, « dans un contexte d’énorme incertitude géopolitique ».

« Les effets du comportement de ces variables en 2022, en particulier la hausse des taux d’intérêt et la détérioration de la confiance, limiteraient la croissance de l’investissement en 2023, dont le sentier de variation serait également conditionné, avec des signes et des ampleurs différents, par l’évolution de ces trois déterminants au cours de cette année », souligne l’agence.

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Alors que l’investissement réagit négativement aux hausses des taux d’intérêt, les hausses de la confiance et de la demande des agents ont l’effet inverse.

Plus précisément, la Banque d’Espagne estime qu’une augmentation des taux d’intérêt de 175 points de base produit une réaction négative de la croissance de l’investissement de 0,26 point de pourcentage en termes annualisés.

En outre, l’agence note que la réponse est « négative et statistiquement significative » sur plusieurs années, de sorte que la variation de l’investissement face à un resserrement de la politique monétaire peut atteindre un maximum de 0,57 point de pourcentage en termes annualisés après sept trimestres.

En effet, explique la Banque d’Espagne, la politique monétaire affecte les nouvelles décisions d’investissement mais pas les projets déjà en cours, et parce que les taux d’intérêt pertinents pour les décisions d’investissement sont généralement ceux du crédit bancaire et qu’il faut généralement quelques mois pour que la répercussion du taux Euribor à trois mois se produise.

Lorsqu’au lieu de ce dernier taux d’intérêt, l’impact est calculé avec le taux du crédit bancaire aux entreprises, le pic de l’effet est atteint après quatre trimestres au lieu de sept, « ce qui corrobore le retard dans la transmission des changements des taux d’intérêt du marché aux taux bancaires », souligne l’institution.

L’article estime pour sa part qu’une augmentation de la confiance des agents économiques entraîne une hausse de la croissance de l’investissement d’un demi-point en termes annualisés. La réponse maximale de l’investissement se produit après un an et s’élève à 0,7 point en termes annualisés. L’effet devient statistiquement non nul après un peu moins de deux ans.

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Enfin, la demande a un impact positif sur la croissance de l’investissement de 0,6 point en termes annualisés à un écart-type. Par rapport aux taux d’intérêt et à la confiance, la réaction de la croissance de l’investissement à un choc de demande est plus rapide, atteignant son maximum au deuxième trimestre après le choc, et moins persistante, puisqu’elle n’est plus statistiquement significative après un an, explique l’institution.

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