Le coût de la main-d’œuvre augmente de 5,8 % au deuxième trimestre et les salaires atteignent leur niveau le plus élevé depuis 23 ans

Les offres d’emploi dépassent les 148 000, principalement dans le secteur des services

MADRID, 15 (CALPA PARIS)

Le coût moyen du travail par travailleur et par mois (qui comprend la rémunération et les cotisations sociales) a augmenté de 5,8 % au deuxième trimestre de l’année par rapport à la même période en 2022 et a dépassé pour la première fois les 3 000 euros par travailleur et par mois, s’établissant à 3 037,52 euros, a indiqué vendredi l’Institut national de la statistique (INE).

Cette augmentation du coût du travail, qui s’ajoute à dix trimestres consécutifs de hausse, est inférieure de quatre dixièmes de point de pourcentage à celle enregistrée au premier trimestre (+6,2 %).

Le coût du travail se compose des coûts salariaux et des autres coûts. Entre avril et juin, les salaires (toutes les rémunérations, en espèces et en nature) ont augmenté de 5% sur un an en termes bruts, pour atteindre une moyenne de 2.262,63 euros par travailleur et par mois, soit le chiffre le plus élevé pour un deuxième trimestre depuis le début de la série en 2000.

En excluant le facteur variable des salaires (paiements extraordinaires et arriérés), on obtient le coût salarial ordinaire qui, au deuxième trimestre, a augmenté de 5,5 %, à 1 907,68 euros par mois.

Les autres coûts (coûts non salariaux) se sont élevés à 774,89 euros par travailleur et par mois au deuxième trimestre de l’année, soit une augmentation de 8 % par rapport à l’année précédente. La composante la plus importante des autres coûts est constituée par les cotisations sociales obligatoires, qui se sont élevées à 717,58 euros par mois, soit 7,8% de plus qu’au deuxième trimestre 2022.

Le deuxième élément important des autres coûts est constitué par les paiements non salariaux, qui ont augmenté de 9,1 % en glissement annuel, en raison de l’augmentation des indemnités de licenciement. Les subventions et primes ont augmenté de 7% en glissement annuel entre avril et juin 2023.

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Selon l’INE, le coût du travail par heure effective a augmenté de 6,5% en rythme annuel au deuxième trimestre de l’année, à 23,22 euros, en raison d’une diminution de 0,7% des heures de travail effectives. Le coût du travail par heure payée a augmenté de 5,5% en rythme annuel, à 20,02 euros.

L’INE fournit également des données corrigées des variations saisonnières et désaisonnalisées pour cette statistique. Selon cette série, le coût du travail par travailleur a augmenté au deuxième trimestre 2023 de 5,9% en rythme interannuel, soit deux dixièmes de plus qu’au trimestre précédent. Cette augmentation porte à onze le nombre de trimestres consécutifs de hausse en glissement annuel dans la série corrigée.

En glissement trimestriel (deuxième trimestre par rapport au premier trimestre de l’année), le coût de la main-d’œuvre par travailleur et par mois a augmenté de 1,2% en données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier, soit la moitié de ce qu’il a augmenté entre janvier et mars.

30,1 HEURES DE TRAVAIL EFFECTIF PAR SEMAINE.

Au cours du deuxième trimestre 2023, la durée hebdomadaire moyenne de travail convenue, temps plein et temps partiel confondus, était de 34,8 heures. Sur ce total, 4,9 heures en moyenne par semaine ont été perdues, dont 2,5 heures non travaillées pour cause de vacances et de jours fériés ; 1,9 heure pour cause de congé d’incapacité temporaire ; 0,3 heure pour cause de congé de maternité et de paternité ; et 0,3 heure pour d’autres congés, grèves et raisons techniques, économiques, organisationnelles, de production et/ou de force majeure.

Si l’on ajoute les heures supplémentaires et que l’on soustrait les heures perdues, le nombre d’heures de travail effectif par semaine est ramené à 30,1.

Selon le type d’heures de travail, la différence de salaire entre les travailleurs à temps plein et les travailleurs à temps partiel est de 5,84 euros par heure, mais il convient de noter que les travailleurs à temps plein doublent presque les heures de travail effectives des travailleurs à temps partiel (33,4 heures contre 18,8 heures).

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Selon l’INE, c’est dans le secteur des services que les coûts du travail ont le plus augmenté au deuxième trimestre, de 6,3 %, pour atteindre 2 953,49 euros par travailleur et par mois, alors que c’est dans le secteur des salaires qu’ils ont le plus augmenté, de 5,6 %, pour atteindre 2 210,24 euros par mois.

LES SALAIRES DANS LE SECTEUR DE L’HÔTELLERIE ET DE LA RESTAURATION ONT AUGMENTÉ DE 7,7 % L’ANNÉE DERNIÈRE

La plus forte croissance des salaires en glissement annuel au deuxième trimestre a été enregistrée dans les activités administratives (+7,8%), l’hôtellerie et la restauration (+7,7%) et les transports et l’entreposage (+7,2%), tandis que la production et distribution d’électricité et de gaz et la distribution d’eau et d’ordures ont réduit les salaires de 7,4% et 2,1%, respectivement.

Plus précisément, les salaires dans les activités administratives s’élevaient à 1.543,1 euros par mois et ceux de l’hôtellerie et de la restauration à 1.339 euros. Bien que ces deux activités aient été les principaux acteurs de la plus forte augmentation des coûts salariaux en glissement annuel au deuxième trimestre, leur montant est le plus faible de toutes les sections d’activité.

À l’opposé, avec les salaires les plus élevés, on trouve la production d’électricité (5.536,9 euros par travailleur et par mois), les activités financières et d’assurance (4.346,2 euros), l’information et les communications (3.267,9 euros), les industries extractives (3.146,5 euros) et l’administration publique (3.030,3 euros par travailleur et par mois).

En termes de coûts totaux de la main-d’œuvre, les plus fortes hausses en glissement annuel au deuxième trimestre ont été enregistrées dans les industries extractives, avec une augmentation de 10,6%, à 4 575,9 euros par travailleur et par mois, et dans les hôtels et restaurants, avec une hausse de 8,7%, à 1 843 euros. La seule baisse des coûts de la main-d’œuvre d’une année sur l’autre a été enregistrée dans l’approvisionnement en énergie, avec une diminution de 5,4%, à 6 968,9 euros par travailleur et par mois.

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Par communautés autonomes, les coûts salariaux les plus élevés ont été enregistrés à Madrid (3 562,1 euros par travailleur et par mois), au Pays basque (3 378,5 euros), en Navarre (3 334 euros) et en Catalogne (3 313,7 euros). En revanche, les salaires les plus bas ont été enregistrés en Estrémadure et aux îles Canaries, avec respectivement 2 409,1 et 2 584,3 euros.

Le coût de la main-d’œuvre a augmenté dans toutes les régions au deuxième trimestre 2023 en glissement annuel. Les Baléares et la Navarre ont enregistré les plus fortes hausses, respectivement de 10,9% et 8,3%, tandis que l’Estrémadure et la Comunidad Valenciana ont connu les augmentations les plus modérées, avec des hausses respectives de 3,5% et 3,6%.

PLUS DE 148 000 POSTES VACANTS

L’INE a également indiqué que 148 091 postes vacants ont été enregistrés au deuxième trimestre 2023, dont 88,5 % dans le secteur des services.

Une vacance d’emploi s’entend comme un poste nouvellement créé qui n’est pas pourvu ou qui est sur le point de devenir vacant et pour lequel l’employeur prend des mesures actives pour trouver un candidat à l’extérieur de l’entreprise.

93,5% des entreprises interrogées par l’INE ont répondu qu’elles n’avaient pas de postes vacants à pourvoir entre avril et juin car elles n’avaient pas besoin de travailleurs supplémentaires.

La Catalogne et Madrid ont concentré le plus grand nombre de postes vacants au deuxième trimestre, avec respectivement 30 800 et 29 424, tandis que l’Estrémadure et La Rioja ont présenté les chiffres les plus bas, avec respectivement 430 et 561 postes vacants.

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